
L’économiste Enomy Germain critique vivement la subvention accordée par l’État haïtien à la compagnie Sunrise Airways, qu’il accuse de bénéficier d’un monopole de fait sur les vols domestiques. Selon lui, cette aide financière sans appel d’offres ni engagement clair constitue un appui injustifié à une entreprise déjà dominante sur le marché. « L’État choisit délibérément de renforcer une position de pouvoir économique, au détriment de la concurrence et de l’intérêt collectif », dénonce-t-il.

Le gouvernement explique sa décision par la nécessité de relancer la connectivité entre les villes, dans un contexte où les routes sont devenues impraticables à cause de l’insécurité. Enomy Germain, lui, estime que cette mesure ne s’attaque pas aux vrais problèmes. « Le transport aérien ne résoudra ni le chaos sécuritaire ni l’effondrement des infrastructures. C’est une solution de façade. » Il alerte aussi sur le danger d’aléa moral : une entreprise soutenue en temps de crise pourrait privilégier ses gains à court terme plutôt que l’amélioration de ses services.
La signature officielle de l’accord a eu lieu le 5 juin 2025 à l’aéroport Guy Malary, en présence de hauts responsables du gouvernement et du PDG de Sunrise. La compagnie prévoit de reprendre ses vols vers Cap-Haïtien, Jacmel et Jérémie à partir du 12 juin. Mais pour Germain, cette opération démontre que les décisions politiques sont aujourd’hui fortement influencées par les intérêts privés. Il conclut en posant une question troublante : « Cette relance du transport aérien est-elle vraiment au service de la population, ou surtout au bénéfice d’une élite économique ? »